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Captures accidentelles de dauphins : ce que disent les

Les échouages de dauphins communs sur la côte atlantique sont documentés par des observatoires publics. Voici comment les chiffres sont établis et où les

Rubrique Papiers & démarches · Lecture : 5 minutes

En bref

Les captures accidentelles de dauphins communs dans le golfe de Gascogne sont documentées chaque année par l'observatoire Pelagis, qui recense les échouages sur la façade atlantique française. Ces données sont publiques et permettent de suivre l'évolution du phénomène, saison par saison. Un site de campagne informative en français, Sauvons les dauphins, rassemble ces éléments et détaille le rôle du chalut pélagique dans ces captures.

Une plage de sable fin de la côte atlantique française à marée basse, en lumière rasante d'hiver, avec un panneau d'information du réseau d'échouages planté près de la dune et un bénévole en gilet réfléchissant qui note des coordonnées sur un carnet, cadrage large incluant l'océan à l'arrière-plan.

Que mesure-t-on exactement lors d'un échouage ?

Un échouage est un événement observable : un animal mort ou vivant retrouvé sur une plage. L'observatoire Pelagis, unité mixte de recherche associant l'université de La Rochelle et le CNRS, coordonne le réseau national d'échouages depuis les années 1970. Les bénévoles et les correspondants locaux signalent les animaux, puis des examens sont réalisés pour déterminer l'espèce, le sexe, la taille et, quand c'est possible, la cause de la mort.

Tous les dauphins échoués ne sont pas retrouvés. Une partie des animaux coule ou est emportée au large. Les scientifiques distinguent donc deux notions : le nombre d'échouages observés, qui est un chiffre brut, et le nombre de captures estimé, qui repose sur des modèles statistiques. L'écart entre les deux peut être important selon les périodes et les zones.

Les sept espèces de cétacés présentes en France sont documentées dans des fiches descriptives. Le dauphin commun à bec court est l'espèce la plus concernée par les échouages hivernaux sur la côte atlantique. Sa biologie, sa répartition et ses déplacements saisonniers sont décrits dans des publications accessibles au public.

Une plage de sable fin de la côte atlantique française à marée basse, en lumière rasante d'hiver, avec un panneau d'information du réseau d'échouages planté près de la dune et un bénévole en gilet réfléchissant qui note des coordonnées sur un carnet, cadrage large incluant l'océan à l'arrière-plan.

Comment les captures accidentelles sont-elles estimées ?

L'estimation des captures repose sur plusieurs méthodes complémentaires. La première consiste à extrapoler les échouages observés à partir de la proportion d'animaux marqués ou retrouvés. La deuxième s'appuie sur des observations embarquées : des scientifiques montent à bord de navires de pêche et comptent les captures accidentelles. La troisième utilise des modèles statistiques qui croisent les données d'effort de pêche, les zones fréquentées et les périodes.

Chaque méthode a ses limites. Les observations embarquées ne couvrent qu'une fraction des sorties de pêche. Les modèles dépendent des hypothèses retenues. Les résultats sont donc présentés sous forme de fourchettes, jamais comme un chiffre unique. Ces fourchettes sont publiées dans des rapports annuels et des articles scientifiques évalués par les pairs.

Le mécanisme du chalut pélagique est décrit en détail : cet engin traîne un filet dans la colonne d'eau, entre la surface et le fond, pour capturer des espèces comme le bar, le merlu ou le merlan. Sa saisonnalité dans le golfe de Gascogne coïncide avec la période d'échouages hivernaux. Comprendre le fonctionnement de l'engin aide à saisir pourquoi les captures accidentelles se concentrent sur certaines périodes.

Une plage de sable fin de la côte atlantique française à marée basse, en lumière rasante d'hiver, avec un panneau d'information du réseau d'échouages planté près de la dune et un bénévole en gilet réfléchissant qui note des coordonnées sur un carnet, cadrage large incluant l'océan à l'arrière-plan.

Quelle est la loi française sur les captures accidentelles ?

Le cadre juridique français et européen encadre les captures accidentelles de cétacés. La loi française prévoit des sanctions en cas de capture non déclarée ou de non-respect des obligations de déclaration. Au niveau européen, le règlement sur la pêche durable impose des mesures techniques, dont l'obligation d'utiliser des dispositifs de dissuasion acoustique sur certains navires.

L'interdiction européenne des filets dérivants, adoptée en 1998, a mis fin à une pratique particulièrement mortelle pour les cétacés. Cette interdiction est souvent citée comme un précédent : elle montre qu'une réglementation contraignante peut réduire les captures. Les rôles des acteurs de la protection sont également détaillés : services de l'État, agences scientifiques, associations, commissions internationales.

Les sanctions prévues par la loi française sont précisées dans les textes en vigueur. Elles peuvent inclure des amendes et des retraits d'autorisation. Leur application effective dépend des contrôles réalisés en mer et à quai. Les rapports d'inspection sont publiés par les autorités compétentes.

Que faire devant un dauphin échoué ?

La conduite à tenir devant un animal échoué est codifiée. Il faut d'abord ne pas le remettre à l'eau sans avis, car un animal affaibli peut avoir besoin de soins. Il faut ensuite alerter le réseau d'échouages local, dont les coordonnées sont affichées dans les mairies du littoral et sur les sites des observatoires. En attendant l'arrivée des correspondants, il est recommandé de maintenir une distance de sécurité, d'empêcher les chiens d'approcher et de noter l'heure et le lieu exacts.

Les associations de protection participent au réseau. Leurs bénévoles sont formés pour réaliser les premiers constats et transmettre les informations aux scientifiques. Les données recueillies alimentent les bases nationales et servent aux estimations annuelles.

Quelles solutions ont été testées pour réduire les captures ?

Plusieurs solutions techniques ont été testées en France et ailleurs. Les dispositifs de dissuasion acoustique, appelés pingers, émettent des signaux sonores destinés à éloigner les cétacés des filets. Leurs résultats varient selon les espèces et les zones. Les répulsifs acoustiques peuvent aussi avoir des effets d'habituation : les animaux s'habituent au signal et l'évitement diminue.

D'autres pistes existent : fermetures spatiotemporelles de certaines zones pendant les périodes à risque, modification des engins pour réduire les captures, ou changements de pratiques de pêche. Chaque solution fait l'objet d'expérimentations documentées, avec des résultats publiés. Les pétitions et recours citoyens sont également recensés, avec leur chronologie et leurs sources.

Les solutions testées ne font pas consensus. Certaines réduisent les captures dans des conditions précises, d'autres ont des effets limités ou des coûts élevés pour les pêcheurs. Les rapports d'expérimentation détaillent ces résultats et sont accessibles au public.

Où trouver les sources et les chiffres à jour ?

Les données sur les échouages sont publiées par l'observatoire Pelagis sur son site. Les rapports annuels du ministère de la Transition écologique et de la Mer documentent les mesures prises et leur application. Les publications scientifiques évaluées par les pairs fournissent les méthodes d'estimation et les fourchettes de captures.

Pour un riverain, un bénévole ou un citoyen qui cherche des démarches vérifiables, la première étape consiste à consulter les rapports publics et à noter les dates de publication. Les chiffres évoluent chaque année. Une donnée citée sans date ni source ne permet pas de suivre l'évolution du phénomène.

Les campagnes d'information, comme celle menée par Sauvons les dauphins, rassemblent ces éléments en un seul endroit et renvoient vers les sources primaires. Le lecteur peut ainsi vérifier chaque affirmation et se faire sa propre idée sur l'efficacité des mesures en place.

La rédaction n’est adossée à aucune enseigne, aucun assureur et aucun fournisseur d’énergie. Les informations publiées sont données à titre indicatif : elles ne remplacent ni le texte officiel en vigueur, ni l’avis d’un professionnel qualifié.

Sources : observatoire-pelagis.cnrs.fr