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Composter en appartement : ce qui est vraiment possible

Un tiers de la poubelle de cuisine est compostable, et l’appartement n’interdit rien : il choisit simplement l’outil. Trois solutions se partagent le terrain, du bac de balcon au compost de pied d’immeuble.

Rubrique Maison & entretien · Lecture : 6 minutes

En bref

Oui, on composte en appartement : avec un lombricomposteur sous l’évier ou dans un placard aéré, avec un composteur de balcon si vous avez un extérieur, ou en apportant ses épluchures au compost partagé de quartier. La règle commune : équilibrer les déchets verts humides et les apports bruns secs, et exclure viande, poisson, produits laitiers et agrumes en quantité.

1/3 La part compostable d’une poubelle de cuisine ordinaire
0 odeur Ce que dégage un lombricomposteur bien équilibré
2 à 3 mois Le délai pour obtenir un compost utilisable en pots

Quel composteur pour un balcon ou une cuisine ?

Un lombricomposteur à étages posé dans le coin d’une cuisine, à côté d’un petit seau à épluchures

Le lombricomposteur est la solution d’intérieur : un bac à étages où des vers décomposent les épluchures. Installé dans un placard aéré ou au sous-sol de l’immeuble, il produit compost et jus, sans odeur quand l’équilibre est tenu. Son vrai défaut n’est pas la bestiole, c’est le volume : un foyer de deux personnes produit davantage d’épluchures qu’un bac d’entrée de gamme n’en digère.

Le composteur de balcon demande un extérieur, même étroit : un bac plus grand, posé à l’abri de la pluie battante, qui accepte un volume supérieur et tolère les oublis. Il exige en revanche un apport régulier de matière sèche, carton ou feuilles, qu’il faut stocker quelque part : c’est souvent ce détail logistique, pas la technique, qui décide du succès.

Pour ceux qui veulent aller plus loin que le compost, le site composter et jardiner en ville documente, sous le titre Récoltes de Ville, le jardinage en pots et bacs, le choix du substrat et les gestes de cuisine zéro déchet qui prolongent naturellement le compost d’appartement.

Que peut-on y mettre, et que faut-il en exclure ?

Un plan de travail avec un bol d’épluchures de légumes, du marc de café et du carton brun découpé en morceaux

La règle pratique tient en deux couleurs. Les déchets verts, humides et azotés : épluchures de légumes et de fruits, marc de café, sachets de thé, fleurs fanées. Les apports bruns, secs et carbonés : carton sans encre grasse, feuilles mortes, sciure non traitée. Un compost qui sent mauvais manque presque toujours de brun ; un compost qui ne bouge pas manque de vert.

À exclure en appartement : viande, poisson, produits laitiers et restes gras, qui attirent moucherons et odeurs dans un volume réduit ; les agrumes et oignons en grande quantité, que les vers n’aiment pas ; et tout produit portant une mention « compostable » sans précision, car le compostage domestique ne monte pas aux températures du compostage industriel. Le catalogue de l’ADEME publie des guides grand public sur la réduction des déchets qui confirment ces frontières.

Le carton, la denrée qui manque toujours

Gardez une réserve de carton brun sans encre, déchiré en morceaux : emballages, rouleaux, boîtes d’œufs. Une pincée de carton sur chaque apport d’épluchures suffit à tenir l’équilibre et supprime l’essentiel des problèmes d’odeur et de moucherons.

Le compost partagé quand rien ne rentre chez soi

Un composteur collectif en bois au pied d’un immeuble, avec des habitants qui y versent leur seau de biodéchets

De plus en plus de communes installent des composteurs partagés en pied d’immeuble ou dans les jardins de quartier ; le site de votre mairie ou de votre métropole en donne la carte. Le fonctionnement est le même que le tri des emballages : on y apporte son seau, les apports bruns sont fournis, et le compost mûr est distribué ou utilisé sur les plantations du quartier.

Cette option règle le problème du volume sans rien installer chez soi ; elle demande seulement un seau à couvercle sous l’évier et le passage une ou deux fois par semaine. Pour le foyer qui hésite, c’est la porte d’entrée : le jour où le seau déborde régulièrement, la question du lombricomposteur se reposera d’elle-même.

Questions fréquentes

Le compost d’appartement attire-t-il les moucherons ?

Un compost équilibré n’en attire pas. Quand ils apparaissent, la cause est presque toujours un excès de déchets humides exposés : couvrir chaque apport de carton sec et enfouir les épluchures règle le problème en une semaine.

Que faire du compost produit ?

En appartement, il part dans les plantes en pots et les jardinières de balcon, mélangé à du terreau. Un foyer qui n’a ni plantes ni balcon n’a pas de débouché : le compost partagé du quartier est alors la bonne solution.

Le bac de tri des biodéchets remplace-t-il le composteur ?

Depuis le 1er janvier 2024, toutes les communes doivent proposer une solution de tri des biodéchets. Si la vôtre collecte les épluchures en bac dédié, c’est l’option zéro effort ; le composteur maison n’a alors de sens que si vous avez l’usage du compost.

Les possibilités dépendent du règlement de copropriété, de l’exposition du balcon et des collectes de votre commune. Vérifiez ce qui existe près de chez vous avant d’investir dans un équipement ; cette page décrit les usages courants, pas votre situation exacte.